A vos oreilles... Excellent !
| Octobre 2008 | ||||||||||
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Kate Nash - Made of bricks


Amy Winehouse - Back to black
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Il est 5 heures du matin
Paris s'éveille et moi je feinds
De me sentir encore en vie
J'ai noyé mon chagrin
Dans un bon verre de Wiskhy
Et j'ai vidé la boîte à pharmacie
Il est 5 heures du matin
Paris s'éveille et moi je tiens
A peine debout
Si bien que je tombe à genoux
Les yeux livides, mon sang se vide
Adieu Paris, adieu la vie
Il est 5 heures du matin
Paris s'éveille et moi je m'éteinds
A petit feu
C'est bien plus douloureux
Mes yeux se ferment, mon coeur se serre
Je quitte enfin cet enfer
Il est 5 heures du matin
Paris s'éveille et moi je viens
De mettre fin à mes jours
Comme on met fin à sa souffrance
Que vaut la vie sans amour ?
Que vaut la mort dans le silence ?
Les souvenirs refont surface. Il se souvient de ses petits soldats, ses soldats d'aplomb comme il aimait à les nommer, de cette balançoire qui lui avait donné à maintes reprises la sensation jubilatoire de voler et enfin les longues palabres échangées avec son grand-père autour d'une table, un verre de bourbon à la main. Non seulement la relation qu'ils avaient entretenue était solide mais elle avait également grandi au fil des jours, jusqu'à son dernier. Tel un rhizome en somme.
Cette nostalgie le rend heureux. Il se repose sur son lit, détendu et apaisé, à tel point que tous les muscles de son corps se relâchent. Ses paupières suivent le même chemin. Il ne résiste pas. Quand la fatigue nous apprivoise, rien ne sert de lutter; c'est elle la plus forte. C'est avant tout l'annonce d'un repos réparateur et salvateur, inévitablement. Les aiguilles de l'horloge battent la mesure du temps qu'il reste. La sérénité se lit sur son visage. D'autres visions lui apparaissent. Toutefois, sa mémoire semble lui faire défaut car il ne se rappelle pas toutes ces images. D'autant qu'il s'en souvienne, jamais le soleil n'a brillé si fort. Il ne se souvient pas non plus de cette grande passerelle blanche dans le jardin de ses grands-parents. Il se sent définitivement perdu au millieu de nulle part. Il ne reconnaît ni l'endroit, ni l'odeur. Quoiqu'il en soit, il ne lui reste qu'à avancer, alors il marche, marche encore jusqu'à ce qu'il heurte un objet d'un revers du pied gauche. Une boussole. Il ouvre ce trésor tombé du ciel. L'aiguille lui indique le nord. Il se fie à son instinct comme il l'a toujours fait sa vie durant. Il reprend sa marche malgré le brouillard qui semble s'épaissir. Cette fois il est définitivement perdu. Il entend au loin une voix qui l'incite à poursuivre son chemin. La voix, plutôt familière, se rapproche à mesure qu'il avance. Le brouillard s'est dissipé pour laisser place à un spectacle merveilleux. « Grand-père, c'est toi ?! ». Il n'en croit pas ses yeux. Son grand-père se tient là, un verre de bourbon à la main. « Oui mon grand, c'est bien moi. Allez, viens t'attabler que je te présente ma famille ». « Mais grand-père, ils sont tous morts ». « Un peu de tact mon garçon... Ils sont morts certes, mais toi aussi. ».


" Le destin est ce qui nous arrive au moment où on ne s'y attend pas."
Tahar Ben Jelloun